mercredi 14 février 2018

LA SAINTE FEROCITE DES COEURS PURS

Antone Ramon (Les amitiés exclusives) - Amédée Guiard (1913 pour le premier titre, 1914 pour la version définitive) Automne 1901, à l'institution Saint-François-de-Sales de Bourg-en-Bresse. Antone Ramon, 13 ans mais précoce et bon élève, fait son entrée en classe de troisième. Fils de bonne famille, issu de la bourgeoisie lyonnaise, Antone a été élevé dans un cocon et découvre, avec la vie de collège, l'existence de l'Autre, du camarade, du rival ou de l'ami. Mais alors que le règlement interdit toute amitié... [Lire la suite]

mercredi 24 janvier 2018

L'ASPHYXIE

Une jeunesse - Jacques d'Adelswärd-Fersen (1907) "- Mais si je ne crois pas suffisamment, mon père?- Vous croirez.- Mais si j'ai peur du renoncement?- Vous renoncerez.- Et si j'aime?- Vous oublierez." Vers 1905, en Sicile, le jeune Nino, une quinzaine d'années, est l'amant d'un Français, Robert Jélaine. Lorsque la grand-mère du jeune garçon meurt, ses dernières volontés sont implacables: elle souhaite que Nino devienne prêtre. C'est l'oncle de l'adolescent, Don Borelli, qui est chargé de l'exécution des résolutions d'outre-tombe, et... [Lire la suite]
mercredi 17 janvier 2018

UN COEUR TENDRE QUI HAIT LE NEANT VASTE ET NOIR*

Dédé - Achille Essebac (1901 - version modifiée en 1909) "Ses cheveux étaient couleur de feuilles mortes. Je me rappelle cela d'abord parce que ce fut à l'automne que je le connus." Octobre 1883, Marcel Thellier est au collège et fait la connaissance, le jour de la rentrée, d'un nouvel élève: André Dalio que sa mère appelle affectueusement Dédé. Emerveillé par la beauté du nouveau, Marcel décide de s'en faire un ami, un confident, un proche. Entre les deux garçons, les choses évoluent lentement, jusqu'à l'année de leur 15 ans où un... [Lire la suite]
mercredi 13 septembre 2017

CETTE PASSERELLE QUI PERMET AUX GRANDES AMES DE COMMUNIQUER AVEC LES PETITES

Ils m'ont dit qui j'étais - Mazarine Pingeot (2003) "Dites-moi ce que vous lisez, je vous dirai qui vous êtes est un de mes jeux favoris." La lecture comme révélateur de soi, de sa propre histoire, de son propre parcours, de sa propre recherche d'un sens intérieur: tel est le coeur du récit de Mazarine Pingeot qui, de la Comtesse de Ségur à Stéphane Mallarmé, nous raconte une part d'elle et, en définitive, comme une part de nous... "Lire reste une action non tournée vers le monde actuel, la réussite, le déploiement de ses qualités... [Lire la suite]
mercredi 23 août 2017

IL ETAIT HUMAIN ET IL LE CACHAIT

Confiteor - Jaume Cabré (2011) "Et pourquoi est-ce que, maintenant, je pense que je voudrais avoir un fils? se dit-il en colère; ou plutôt révolté. Il regarda à nouveau la petite boîte, seule, sur la table bien nette de la cinquantaquattro. Fèlix Ardèvol balaya un fil imaginaire des pans de sa soutane, passa un doigt sur sa peau irritée par le rabat et s'assit devant sa table. Il manquait trois minutes pour que midi sonne au clocher de Santa Maria. Il inspira profondément et prit une résolution: pour l'instant, il ne se suiciderait... [Lire la suite]
Posté par DISJECTA à 08:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , ,
mercredi 31 mai 2017

UN NOM POUR LA NOSTALGIE

Les feux de Saint-Elme - Daniel Cordier (2014) "Cet objet obscur et encombrant dont le goût était celui du chagrin et de la nostalgie avait un nom: le passé!" Printemps 1936, dans le pensionnat de Saint-Elme, en Aquitaine, Daniel Bouyjou, 16 ans, se prend de passion pour son voisin de classe, David Cohen, de deux ans son cadet. Militant à l'Action Française, maurassien patenté, royaliste de conviction et élevé par un beau-père antisémite, Daniel vit ses années de collège comme dans une bulle. N'hésitant pas à assouvir sa... [Lire la suite]

mercredi 24 mai 2017

L'HISTOIRE AIME LE GÂCHIS

Grande vacance - René Bonnell (1997) "Alger, comme d'autres villes du pays, était coupée en deux. Tout musulman surpris en quartier européen était abattu. Aucun Européen ne revenait vivant d'une incursion en secteur arabe. Les tueurs des deux camps échangeaient les victimes sur les trottoirs. L'armée ne sortait de ses casernes que pour faire le ménage. Elle veillait à la propreté des rues en regardant s'étriper les Algérois, homologuait les massacres à défaut de les empêcher." Printemps 1962, dans les rues d'Alger la blanche.... [Lire la suite]
Posté par DISJECTA à 07:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
mercredi 5 avril 2017

CETTE BRAVE ORIANE

A la recherche du temps perdu. / III. Le côté de Guermantes - Marcel Proust (1921) "Dîner chez les Guermantes, c'était comme entreprendre un voyage longtemps désiré, faire passer un désir de ma tête devant mes yeux et lier connaissance avec un songe." Automne 1897, le narrateur de La recherche s'installe, avec ses parents, dans l'hôtel de Guermantes, à Paris. Pour lui, Oriane de Guermantes, la duchesse, est un mystère, tant par son nom que par sa naissance. Amoureux d'elle, il n'a plus qu'un projet : pénétrer dans ce monde qui,... [Lire la suite]
mercredi 1 février 2017

TOUT REDEVIENT LA PEINE QUE C'ETAIT

Le grand Meaulnes - Alain-Fournier (1913) "Et le soir, au dîner, il y eut, à la table de famille, un compagnon silencieux, qui mangeait, la tête basse, sans se soucier de nos trois regards fixés sur lui." Fin du XIXe siècle, en Sologne. François Seurel, 15 ans, est le fils de l'instituteur et de l'institutrice du village de La Motte. Jeune garçon promis à embrasser la carrière parentale, il se decouvre une amitié passionnée pour un nouveau, arrivé un dimanche de novembre: Augustin Meaulnes, de deux ans son aîné. Logé chez... [Lire la suite]
mercredi 25 janvier 2017

RIDER ON THE STORM

L'homme à la carabine - Patrick Pécherot (2011) "On m'a dit l'homme à la carabine. C'est drôle à quoi on résume l'individu. L'homme à la carabine. Peut-être, dans un sens, à ce moment-là. Mais si on veut aller plus loin, je serais tout autant l'homme aux semelles de guigne. (...) Ou, tenez, l'homme au coeur d'artichaut. Faut que j'en aie un beau pour avoir tiré en l'air. On se refait pas. Semelles de guigne, coeur d'artichaut. J'ai la caille, moi. Jamais eu de pot. Même pas foutu d'aligner un guignol... Ci-gît André Soudy qui... [Lire la suite]