mercredi 19 septembre 2018

NUMERO 24601

Les misérables - Première partie: Fantine - Victor Hugo (1862) "Alors madame Magloire recommença toute l'histoire, en l'exagérant quelque peu, sans s'en douter. Il paraîtrait qu'un bohémien, un va-nu-pieds, une espèce de mendiant dangereux serait en ce moment dans la ville. (...) On l'avait vu arriver par le boulevard Gassendi et rôder dans les rues à la brune. Un homme de sac et de corde avec une figure terrible." 1815, dans le sud de la France. Evadé du bagne de Toulon où il purge une peine de 5 ans de travaux forcés pour vol,... [Lire la suite]

mercredi 21 février 2018

AH! JE SUIS UN FAMEUX BAROMETRE

Renée Mauperin - Edmond et Jules de Goncourt (1864) "- Quand ferez-vous vos dents de sagesse, Renée? lui demanda Denoisel- Jamais! Et elle se mit à rire." Jeune fille moderne dans la France du Second Empire, Renée Mauperin est éprise de liberté, de vie d'artiste, du bonheur simple d'être entièrement à sa joie sans se soucier de mariage, de fortune ou de position sociale. Entre sa soeur, épouse rangée qui fréquente la bourgeoisie, sa mère qui n'aspire qu'à la respectabilité, son père aimant et bonhomme, Renée refuse tous les... [Lire la suite]
mercredi 31 janvier 2018

JE NE RETIRERAI PAS MA MAIN DE TOI

Une folle amitié de collégien (ou Le disciple aimé ou La mission de Cruchod) - Abel Hermant (1885-1894) Vevey, en Suisse, vers 1880. Jean-Baptiste Merminod a 17 ans et il vient de perdre son père. Pour ce calviniste élevé dans le rigoureuse foi de ses parents, la vie de collège ne réserve que peu de surprises: Jean-Baptiste s'est assuré un ascendant moral sur le directeur de l'établissement, qui l'écoute, et s'est adonné à des amitiés particulières avec quelques camarades, amitiés qui l'ont bien vite lassé et déçu. Mais en ce jour de... [Lire la suite]
mercredi 29 novembre 2017

MEANWHILE

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie. Par-delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée... [Lire la suite]
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mercredi 8 novembre 2017

SOUVENIRS DE MA VIE MORTE

Charles Demailly - Emond et Jules de Goncourt (1860) "Vous êtes un livre vendu; il faut maintenant que vous soyez un livre coupé... et puis - il y a des mondes entre tout cela - un livre lu!" Paris, dans les début du règne de Napoléon III. Charles Demailly travaille pour le Petit Journal, organe indépendant qui s'affranchit de politique pour critiquer les nouveautés, les arts ainsi que la société elle-même. Moqué amicalement voire jalousé par ses camarades de travail, Demailly a une ambition: être un grand écrivain. D'abord affairé... [Lire la suite]
mercredi 18 octobre 2017

LA MALADIE DU SIECLE

Décadence fin de siècle - Michel Winock (2017) "Le passé me semble horrible, le présent me paraît faible et désolé et quant à l'avenir, c'est l'épouvante." (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, 1898) La France d'avant la Belle Epoque... La connaît-on vraiment? Que dire de cette période plutôt courte qui, de 1880 à 1901, a vu s'affermir le régime républicain - au point que, l'épisode de Vichy mis à part, la République le seul régime plébiscité par les français depuis lors - a vu éclore des hommes de... [Lire la suite]

mercredi 3 mai 2017

ENCORE UN PLAISIR QUI S'EN VA

Nouvelles (Sac au dos / A vau l'eau / Un dilemne / La retraite de Monsieur Bougran) - Joris-Karl Huysmans (1880 / 1882 / 1887 / 1888) Auteur peu lu de nos jours mais connu pou son célèbre roman décadent A rebours, Huysmans a fait partie du groupe des naturalistes autour d'Emile Zola et de Guy de Maupassant. Ce recueil présente quatre nouvelles réalistes d'un écrivain qui, très vite, se tournera vers une littérature très éloignée du naturalisme. La retraite de Monsieur Bougran raconte en quelques pages la... [Lire la suite]
mercredi 26 avril 2017

LE FAUVE DE LEURS AISSELLES AU VENT

La fille Elisa - Edmond de Goncourt (1877) "Elisa était devant la maison à la lanterne rouge, qui s'affaissait ainsi que la ruine croulante d'un vieux bastion, et dont la porte, fermée et verrouillée, laissait filtrer, par l'ouverture d'un judas, une lueur pâle sur la blancheur glacée du chemin." Paris, pendant la Monarchie de Juillet. Elisa vit avec sa mère, connue dans le quartier de La Chapelle et de la prison Saint-Lazare sous le nom de Madame Alexandre qui voue un soin particulier aux filles-mères et aux filles de joie mal... [Lire la suite]
mercredi 5 avril 2017

CETTE BRAVE ORIANE

A la recherche du temps perdu. / III. Le côté de Guermantes - Marcel Proust (1921) "Dîner chez les Guermantes, c'était comme entreprendre un voyage longtemps désiré, faire passer un désir de ma tête devant mes yeux et lier connaissance avec un songe." Automne 1897, le narrateur de La recherche s'installe, avec ses parents, dans l'hôtel de Guermantes, à Paris. Pour lui, Oriane de Guermantes, la duchesse, est un mystère, tant par son nom que par sa naissance. Amoureux d'elle, il n'a plus qu'un projet : pénétrer dans ce monde qui,... [Lire la suite]
mercredi 22 mars 2017

TU NE PUERAS POINT

Le miasme et la jonquille: l'odorat et l'imaginaire social. XVIIIe et XIXe siècles - Alain Corbin (1986) "Le refus des odeurs ne résulte pas du seul progrès des techniques. Il ne naît pas avec le vaporisateur et le déodorant corporel; ceux-ci ne font que traduire une obsession ancienne et gonfler un lointain mouvement. (...) Que signifie cette accentuation de la sensibilité? Comment s'est opérée cette mystérieuse et inquiétante désodorisation qui fait de nous des êtres intolérants à tout ce qui vient rompre le silence olfactif de... [Lire la suite]