mercredi 29 novembre 2017

MEANWHILE

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie. Par-delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée... [Lire la suite]
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mercredi 1 novembre 2017

COCO CÂLINE

Qu'il fut de Sybaris, l'éveil, mon petit faune!On aurait cru, voyant nos deux corps mélangés,Que le vierge avenir écartait le dangerEt sur nos fronts futurs installait ses icônes... Mais quelle souple ardeur, quels cris mangés tout bas,Quel hymne, Ô ma Lumière, où jaillit comme un trilleCe parfum de seize ans, imprégné de vanille,Tous ces trésors soyeux dont le désir flamba! Le goût qu'avait alors ta lèvre - Ô ma blessure - L'haleine que j'ai bue - et ce lait - je le jureQue je sentais en moi longtemps s'ensevelir, Tout ces rêves... [Lire la suite]
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mercredi 27 septembre 2017

PROPOSITION PRATIQUE

Je lis tous les jours et tous les jours je m'aperçois qu'il me reste tout à lire. Et de temps en temps je dois relire, même si je ne relis que ce qui est digne du privilège de la relecture. Qu'est-ce qui rend digne de ce privilège? (...) La capacité à fasciner le lecteur; de le faire s'émerveiller de l'intelligence qui se trouve dans le livre qu'il relit, ou de la beauté qu'il génère. Cela dit, la relecture, par sa nature même, nous entraîne dans une contradiction. (...) Un livre qui ne mérite pas d'être relu ne mériterait pas... [Lire la suite]
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mercredi 15 mars 2017

JE-NE-SAIS-QUOI

"Il y a quelquefois dans les personnes ou dans les choses un charme invisible, une grâce naturelle, qu'on n'a pu définir, et qu'on a été forcé d'appeler le je-ne-sais-quoi. Il me semble que c'est un effet principalement fondé sur la surprise. (...) Les grâces se trouvent plus ordinairement dans l'esprit que dans le visage: car un beau visage paraît d'abord, et ne cache presque rien; mais l'esprit ne se montre que peu à peu, que quand il veut: il peut se cacher pour paraître, et donner cette espèce de surprise qui fait les grâces. ... [Lire la suite]
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mercredi 15 février 2017

UN NOUVEL ETE

Loin d'être un fait chronologique, la jeunesse est un état dont nulle date ne saurait marquer le début et la fin: elle ne commence pas avec la puberté et ne s'achève pas un jour, à une heure fixe - par exemple à l'âge de quarante ans, le dimanche des Rameaux, à six heures du soir. La jeunesse est une perception singulière de la vie, un sentiment nullement "orageux", capable de nous envahir alors que nous ne nous y attendons pas le moins du monde. On se sent pur, désintéressé et triste, porté par des forces auxquelles on ne... [Lire la suite]
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mercredi 4 janvier 2017

CUEILLEZ...

Déjà la vie ardente incline vers le soir,Respire ta jeunesse,Le temps est court qui va de la vigne au pressoir,De l'aube au jour qui baisse. Garde ton âme ouverte aux parfums d'alentour,Aux mouvements de l'onde,Aime l'effort, l'espoir, l'orgueil, aime l'amour,C'est la chose profonde; Combien s'en sont allés de tous les coeurs vivantsAu séjour solitaire,Sans avoir bu le miel ni respiré le ventDes matins de la terre, Combien s'en sont allés qui ce soir sont pareilsAux racines des ronces,Et qui n'ont pas goûté la vie où le soleilSe... [Lire la suite]
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mercredi 31 août 2016

ET POURQUOI PAS ?

  C'est l'amour qui retient dans ses chaînes,Mille oiseaux qu'en nos bois nuits et jours on entend,Si l'amour ne causait que des peines,Les oiseaux amoureux ne chanteraient pas tant.Jeunes coeurs tout vous est favorable,Profitez d'un bonheur peu durable,Dans l'hiver de nos ans, l'amour ne règne plus,Les beaux jours que l'on perd sont pour jamais perdus. Philippe Quinault, "Les plaisirs ont choisi pour asile", passacaille pour choeur et soliste, Armide - livret pour une tragédie en musique de Jean-Baptiste Lully d'après... [Lire la suite]
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mercredi 11 mai 2016

EROS DE SAISON

Etant donc fils de Poros et de Pénia, l'Amour se trouve dans la condition que voici: d'abord, il est toujours pauvre, et loin d'être délicat et beau comme le croient la plupart, il est rude au contraire, il est dur, il va pieds nus, il est sans gîte, il couche toujours par terre, sur la dure, il dort à la belle étoile près des portes et sur les chemins, car il tient de sa mère, et le besoin l'accompagne toujours. D'autre part, à l'exemple de son père, il est à l'affût de ce qui est beau et de ce qui est bon, il est viril, résolu,... [Lire la suite]
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mercredi 30 mars 2016

PLAISIRS DE LA SURPRISE

"Cette disposition de l'âme, qui la porte toujours vers différents objets, fait qu'elle goûte tous les plaisirs qui viennent de la surprise: sentiment qui plaît à l'âme par le spectacle et la promptitude de l'action; car elle aperçoit ou sent les choses qu'elle n'attend pas, ou d'une manière qu'elle n'attendait pas. Une chose peut nous surprendre comme merveilleuse, mais aussi, comme nouvelle, et encore inattendue; et, dans ces derniers cas, le sentiment principal se lie à un sentiment accessoire, fondé sur ce que la chose est... [Lire la suite]
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mercredi 17 février 2016

PAREIL AU VENT

Certain de n'être jamais aimé, je n'avais fait que rêver sur l'amour; pour finir, j'avais à l'amour substitué le désir, ce qui m'avait apporté la paix. Mais je découvrais tout à coup que le désir lui-même exigeait de moi l'oubli de mes conditions d'existence, la mise au rancart de ce qui constituait la seule et unique barrière entre moi et l'amour: la certitude de n'être jamais aimé. J'avais cru le désir une chose beaucoup plus claire qu'elle ne l'est, je n'avais pas le moins du monde soupçonné qu'il contraignait à se voir... [Lire la suite]
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