lundi 4 juin 2018

FOR THE LOVE, FOR LAUGHTER, I FLEW UP TO YOUR ARMS

Ca sent bon, les jeunes gens. Ca a cette odeur de propre, de frais, une odeur d'eau de Cologne ou de gel de douche. C'est intact, net, lisse. C'est un territoire inviolé. Ca offre une image de la pureté. D'ailleurs, ça offre tout, ça offre, comme ça, sans ambiguïté apparente, sans arrière-pensée, sans retenue. C'est posé là, dans le costume d'une jeunesse qu'on pourrait croire éternelle, ça ne sais pas ce que vieillir veut dire. Ca ignore tout de la dégradation inexorable de l'apparence, de la flétrissure inévitable de la peau, de... [Lire la suite]
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mercredi 23 mai 2018

OPINION PARTAGEE

Mais oui, dis-je. Oui, hélas! [Les parisiens] savent trop qu'ils sont pleins de charme et que Paris est une ville admirable. Comme tout cet esprit français est pénible! Et puis je n'apprécie pas du tout le goût parisien. Les toilettes des dames ne me plaisent pas, elles sont excessives, trop stylisées, ces femmes sentent trop le journal de mode et le fard... Paris manque de propreté et de fraîcheur. Tout votre art est un peu bête. Et puis votre amour, l'amour à Paris, avec son côté "bourgeois-robe de chambre", à vous donner la... [Lire la suite]
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mercredi 2 mai 2018

UNE GRÂCE QUI ATTRISTE

D'où vient l'étrange puissance de Musset sur ma génération? Il est peu de jeunes hommes qui, après l'avoir lu, n'aient gardé au coeur une douceur éternelle. Et pourtant Musset ne nous a appris ni à vivre ni à mourir; il est tombé à chaque pas; il n'a pu, dans son agonie, que se relever sur les genoux, pour pleurer comme un enfant. N'importe, nous l'aimons; nous l'aimons d'amour, ainsi qu'une maîtresse qui nous féconderait le coeur en le meurtrissant. C'est qu'il a jeté le cri de désespérance du siècle; c'est qu'il a été le plus... [Lire la suite]
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mercredi 4 avril 2018

ETRE AUTRE

Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu'il peut y avoir dans la lune. Grâce à l'art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et autant qu'il y a d'artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l'infini et, bien des siècles après qu'est éteint le foyer dont il émanait,... [Lire la suite]
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mercredi 7 février 2018

25

Ta rencontre c'était mon drame et mon poème.Je n'avais donc aimé qu'un peu! (...)Je suis venu vers toi, malgré l'ombre et le vice,Pur comme le très pur, naïf et glorieux;Peuvent-ils, ces voleurs, te rendre le serviceDu portrait idéal et du tien dans mes yeux?(...)Et j'écoute ton silenceQue je n'avais pas compris. (...)Ange doux, ange brutal...Pur, limpide, sans mélangeFermé comme le cristal.Dans ce cristal je contempleLe désespoir évité.Mon bonheur est un templeA ta jeune antiquité.(...)Tu vivais enfoncé dans un autre toi-mêmeEt de... [Lire la suite]
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mercredi 3 janvier 2018

METAMORPHOSE

On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut vous épargner, car elle est un point de vue sur les choses. Les vies que vous admirez, les attitudes que vous trouvez nobles n'ont pas été disposées par le père de famille ou par le précepteur, elles ont été précédées de débuts bien différents, ayant été influencées par ce qui régnait autour d'elles de mal ou de banalité. Elles représentent un combat et une victoire. Je comprends que l'image de ce que vous avons... [Lire la suite]
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mercredi 29 novembre 2017

MEANWHILE

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie. Par-delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée... [Lire la suite]
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mercredi 1 novembre 2017

COCO CÂLINE

Qu'il fut de Sybaris, l'éveil, mon petit faune!On aurait cru, voyant nos deux corps mélangés,Que le vierge avenir écartait le dangerEt sur nos fronts futurs installait ses icônes... Mais quelle souple ardeur, quels cris mangés tout bas,Quel hymne, Ô ma Lumière, où jaillit comme un trilleCe parfum de seize ans, imprégné de vanille,Tous ces trésors soyeux dont le désir flamba! Le goût qu'avait alors ta lèvre - Ô ma blessure - L'haleine que j'ai bue - et ce lait - je le jureQue je sentais en moi longtemps s'ensevelir, Tout ces rêves... [Lire la suite]
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mercredi 27 septembre 2017

PROPOSITION PRATIQUE

Je lis tous les jours et tous les jours je m'aperçois qu'il me reste tout à lire. Et de temps en temps je dois relire, même si je ne relis que ce qui est digne du privilège de la relecture. Qu'est-ce qui rend digne de ce privilège? (...) La capacité à fasciner le lecteur; de le faire s'émerveiller de l'intelligence qui se trouve dans le livre qu'il relit, ou de la beauté qu'il génère. Cela dit, la relecture, par sa nature même, nous entraîne dans une contradiction. (...) Un livre qui ne mérite pas d'être relu ne mériterait pas... [Lire la suite]
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mercredi 15 mars 2017

JE-NE-SAIS-QUOI

"Il y a quelquefois dans les personnes ou dans les choses un charme invisible, une grâce naturelle, qu'on n'a pu définir, et qu'on a été forcé d'appeler le je-ne-sais-quoi. Il me semble que c'est un effet principalement fondé sur la surprise. (...) Les grâces se trouvent plus ordinairement dans l'esprit que dans le visage: car un beau visage paraît d'abord, et ne cache presque rien; mais l'esprit ne se montre que peu à peu, que quand il veut: il peut se cacher pour paraître, et donner cette espèce de surprise qui fait les grâces. ... [Lire la suite]
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