ASCENSEURAscenseur pour l'échafaud - Louis Malle (1958), avec Jeanne Moreau (Florence Carala), Maurice Ronet (Julien Tavernier), Georges Poujouly (Louis), Yori Bertin (Véronique), Lino Ventura (Le commissaire Cherrier), Jean Wall (Simon Carala), Hubert Deschamps (Le substitut), Charles Denner (L'inspecteur), Jean-Claude Brialy (un client)...

Paris, rive gauche. Florence Carala téléphone à l'homme qu'elle aime, Julien Tavernier, ancien de l'Indochine. Passionnément amoureuse, Florence, fiévreuse, attend que son amant réalise le crime parfait, l'assassinat de son mari, l'homme d'affaire Carala. Et Julien réussit son coup, mais alors qu'il part pour rejoindre son amie au Royal Camée, il reste coincé dans l'ascenseur. Tandis que la voiture de Julien est volée par Louis et Véronique et impliquée dans une trouble histoire de double assassinat, Florence entame une nuit d'errance dans Paris, une nuit à fuir ce qu'elle croit être une trahison de Julien, fuir sa folle passion et son amour enflammé, fuir le monde en cherchant vainement le repos.

Adapté d'un polar typique de la production française des années 1950, ce film de Louis Malle est, à lMOREAU'époque, une innovation cinématographique qui annonce la Nouvelle Vague bien que son réalisteur ne sera jamais affilié à ce groupe.

Ascenseur pour l'échafaud, c'est un film de présence et d'absence. L'absence de Julien dans le monde de Florence, en ce soir d'été, cause de leurs malheurs; absence de distraction dans la vie de Louis, cause de sa propre perte ainsi que de celle de Florence et Julien.

Et c'est un film de présence: présence de l'inquiétude, présence du doute, présence à l'écran de Jeanne Moreau rayonnante, digne et froide - une anti Brigitte Bardot pour le coup - qui déambule hagarde, intérieurement détruite, dans un Paris tiède et humide, au rythme de la trompette de Milles Davis.

L'ambiance hitchcockienne de certains plans, le scenario ciselé façon machine infernale contribuent à faire de ce film un récit captivant, tandis que la recherche esthétique en fait un produit typique et représentatif du cinéma novateur de l'époque: voix-off, cadrages originaux, héros centrés sur leur propres problèmes, aspiration à la liberté d'aimer et d'exister.

Une oeuvre majeure.