Disjecta membra

Mes lectures, mes mots d'humeur, les films que j'ai aimés et tout le reste.

lundi 7 décembre 2009

UN JOUR OU L'AUTRE

SOEURSFACHEESLes soeurs fâchées - Alexandra Leclère (2001), avec Isabelle Huppert (Martine), Catherine Frot (Louise), François Berléand (Pierre), Brigitte Catillon (Sophie), Michel Vuillermoz (Richard)...

Martine et Louise sont soeurs. Un jour, Louise débarque de sa province où elle est esthéticienne, pour passer quelques jours à Paris. Un éditeur, à qui elle a envoyé son manuscrit, a décidé de la publier. Martine accepte de l'héberger, quelques jours.

Le problème est que Louise a oublié que Martine n'est pas du même monde, qu'elles sont deux soeurs très différentes. Petit à petit, Louise prend place dans l'univers glacé de sa soeur et, comme une tornade joviale, met tout sens dessus-dessous.

Le film est cruel, truffé d'humour acide. L'opposition entre Martine et Louise nous fait sourire, mais ne nous amuse pas vraiment: ces deux soeurs se détestent, ou plutôt ne se comprennent pas. Martine vit dans un monde rigide, parisien et codifié où tout à une place et ne peut pas en sortir, casé à vie. Louise, elle, est spontanée. Elle a un jour bousculé sa vie, fait craquer les limites et les bornes qu'elle s'était fixée pour finalement être enfin heureuse et se sentir vivante... et c'est bien ce qu'au fond lui reproche sa soeur.

A noter: très belle interprétation de tous les comédiens, et bien sur des deux actrices principales.

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dimanche 6 décembre 2009

LES HOMMES SLIPS

BONNETERIE_RILSANL'Apollon a tête de moineau est un athlète de ma connaissance dont le corps est splendide et la tête insignifiante, ce qui est le fait de beaucoup d'athlètes, mais quelle n'est pas la rage de celui-ci qu'il ait à montrer ce qu'il voudrait cacher et à cacher ce qu'il voudrait montrer.

A mon avis, il faut que le monde soit bien mal fait pour que l'habitude ne soit pas de se promener nu, la tête dans un sac plutôt que le contraire: - "Et vous savez à quoi me sert d'être Apollon? Je ne puis trouver ni une chemise toute faite à cause de mes 55 centimètres d'encolure ni une vierge qui n'ait peur de moi."

Marcel Jouhandeau, De l'abjection (1939)

Illustration, publicité pour la bonneterie Rilsan (1956)

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samedi 5 décembre 2009

CHRONIQUES DE LA SEPARATION

OMBREMURL'ombre du mur. Chroniques du mur de Berlin - collectif (2009)

En cette année anniversaire de la chute du mur de Berlin, j'ai souhaité me plonger dans des souvenirs, des récits liés soit à la construction du mur, soit à sa chute. Tous les auteurs de ces nouvelles sont européens, d'Europe centrale et orientale, et ont tous connus les années "rideau de fer". En tant qu'historien, j'attendais donc de rencontrer la Grande Histoire au détour de ces petits récits personnels, centrés sur des détails, des flashes, des mémoires de joie ou de souffrance.

Las! Ces histoires, au demeurant bien écrites, font état de souffrances qui n'ont pas toujours de rapport, ou alors bien particulier, avec le mur de Berlin. Une nuance à apporter, avec le récit Alexandre, 1961 qui me touche particulièrement.

Il est donc bien difficile pour moi de parler d'un livre que je n'ai pas aimé et même qu'il m'a été pénible d'achever. Encore une fois, ma déception vient de l'idée que je m'étais faite de l'ouvrage et non de ses qualités littéraires.

A découvrir par soi-même...

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

vendredi 4 décembre 2009

LA FEROCITE DU TIGRE ET LA FELONIE DU CHAT

DE_LABJECTIONDe l'abjection - Marcel Jouhandeau (1939)

"Le temps qui précède l'âge de raison est celui de l'innocence qu'aucune expérience encore ne peut ternir. Ce n'est que plus tard que le mal s'installe en nous et c'en est fait de pureté."

Provincial né en 1888, Marcel Jouhandeau devient, dans les années 1910, professeur de lettres à Paris après avoir hésité avec la carrière de prêtre. Conscient très jeune de ses pulsions homosexuelles, il les combat férocement, persuadé d'être une injure à Dieu. Rigide et conformiste, il donnera dans les théories d'extrême droite à partir des années 30, en publiant notamment Le péril Juif en 1938.

De l'abjection débute par le récit de ses premières expériences sexuelles qu'il fait remonter à son enfance provinciale. "Le frère de ma mère, qui avait à ce moment une trentaine d'années, partagea mon lit. Comme il dormait le matin, je fis semblant de dormir aussi pour me rapprocher de lui à si petits coups que c'en était merveille à force de patience. Il s'agissait pour moi de toucher de mon corps son corps à un endroit secret, mais le dormeur était si bien protégé par son linge que je ne pus éprouver que sa chaleur qui me rejoignit à travers la chemise et respirer son odeur qui me grisait, à mesure que sa large poitrine velue que j'apercevais par l'entrebâillement de la flanelle m'invitait sournoisement à imaginer des perspectives de plus en plus mystérieuses; au milieu d'une végétation obscure et touffue, des formes cachées d'une bestialité d'autant plus attrayante qu'elle m'effrayait."

Petit à petit, Jouhandeau expose son désir homosexuel comme un péché qui le ronge de l'interieur, l'envahit et le fait se détester, se haïr. "Vous me direz que celui que la lubricité obsède passe à côté du printemps sans le voir et toutes les merveilles de la nature sont perdues pour lui? Non. Il récupère le bonheur sous une autre forme dans son petit champ. (...) Chez certains le sexe comme une pieuvre énorme s'installe et leur corps, dévoré par ce monstre inséparable, devient à lui-même un spectacle constant, troublant, obsédant, cruel."

Alors, faisant état de son passé de mystique, il pense trouver dans la foi le secours et le Salut, jusqu'au point de sauvetage: l'abjection, "bonheur des injures", appliquée à lui-même, détruisant ainsi toute fièvre et tout désir contre nature: "Si étroites que soient les limites où Dieu m'enferme, j'y demeure libre. Bien plus, ce sont mes propres limites, celles que Dieu m'impose, qui me délivrent. (...) A l'intérieur de la honte tout d'un coup l'on aperçoit à je ne sais quelle lumière que ce n'est pas du Péché que naît le sentiment des nuances. On reconnaît ce qu'on avait perdu, on le recouvre, on s'en ressaisit avec allégresse, mais les Purs n'admettent pas volontiers qu'on en arrive au même point qu'eux et qu'on ait pris un autre chemin. "

Un être torturé...

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jeudi 3 décembre 2009

CLAIRE

Le poème harmonique - formation musicale

Sous la baguette de Vincent Dumestre, la formation musicale Le poème harmonique existe depuis 1998. Son répertoire est composé d'oeuvres du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle. CARNAVAL_BAROQUEMais le groupe ne se contente pas de refaire vivre les partitions classiques, il y a une véritable recherche artistique où s'entremêlent la danse, l'art dramatique et la musique.

C'est ainsi qu'il produit Le bourgeois gentilhomme de Molière et Lully mais encore Cadmius et Hermione ou d'autres spectacles originaux comme Un carnaval baroque qui évoque une soirée de fête dans la Venise du XVIIe siècle. Le poème harmonique enregistre également des disques sous le label alpha.

Ce qui caractérise Le poème harmonique c'est le sens de la précision voire de la rigueur historique et artistique: point d'adaptation dans les mises en scène ou les enregistrement, l'original est suivi à la note, autant que possible.

Dans cette troupe, se distingue Claire Lefilliâtre, soprano au timbre caractéristique et aux capacités particulièrement inouies. A découvrir pour le frisson qu'elle provoque... tellement loin des roucoulades de grosses dames apoplectiques ou des manières de sopranes plus médiatiques.

Claudio Monteverdi, Lamento della Ninfa, madrigal amoureux dédié à l'Empereur Ferdinand III, Venise, 1638

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mercredi 2 décembre 2009

LE PRINTEMPS ET L'AUTOMNE

Mourir d'aimer - André Cayatte (1971) pour le cinéma, avec Annie Girardot (Danièle Guénot), Bruno Pradal (Gérard Leguen), Marthe Villalonga (l'assistante sociale)... / Josée Dayan (2009) pour la télévision, avec Muriel Robin (Gabrielle Delorme), Sandor Funtek (Lucas Malzieu), Annie Grégorio (l'amie), Jean-Pierre Bouvier (le mari de Gabrielle), Hélène Vincent (le proviseur), Jeanne Balibar (La mère)...

RUSSIERFrance 2 ayant choisi d'organiser une "grande" soirée avec débat sur le thème: l'amour entre professeur et élève, débat précédé de la diffusion du téléfilm de Josée Dayan Mourir d'aimer, Paris Première s'est empressée de diffuser quelques jours avant le film original d'André Cayatte. Je passe sur le contenu un peu léger du débat animé par le pourtant sans concession Christophe Hondelatte qui n'a fait qu'aborder, faute d'auditoire receptif, le tabou principal, à savoir, les relations sexuelles entre majeur et mineur, pour en revenir aux mises en scène du drame.

GIRARDOT_RUSSIERInspiré de l'histoire vraie de Gabrielle Russier, le film d'André Cayatte, tourné 1 an après les faits, tente de recomposer ce qui a conduit cette jeune professeur de lettres de 32 ans au suicide suite à sa condamnation pour avoir eu des relations amoureuses (et sexuelles) avec un de ses élèves de 17 ans. Le choix des comédiens est intéressant: Bruno Pradal campe un Gérard Leguen au physique très proche de celui du jeune élève de Russier qui paraissait plus âgé que ses camarades de classe. Quant à Gabrielle Russier, elle est incarnée par Annie Girardot, assez ressemblante à l'original.PRADAL

Pour le reste, le scenario fait la part belle à l'acharnement qui s'abat tant sur Danièle (la justice, l'éducation nationale, les parents... la société bourgeoise pompidolienne en lutte contre l'esprit de mai 68) que sur Gérard (l'autorité parentale, la psychatrie). Et c'est finalement cette pression, cet acharnement de la justice surtout, qui conduit Danièle au suicide, à l'abandon complet de tout espoir et de toute forme de lutte. Le film de Cayatte est un drame social où les enjeux de classe dépassent les enjeux moraux: l'autorité, l'institution éducative, le mélange des origines sociales, la révolte contre une France rangée selon l'ordre gaulliste.

ROBIN_RUSSIERLa version de Josée Dayan est plus mesurée, centrée autour du drame amoureux et du malaise qui peu à peu envahi tout l'entourage de Gabrielle et Lucas. Pour ce faire, en confiant l'adaptation du scénario de Cayatte à Philippe Besson, Dayan met plus de relief, quitte à déformer la réalité: Gabrielle n'a pas 32 ans mais 42, elle est divorcée, mère du adolescente de 15 ans, elle souffre de la solitude. Lucas n'a pas 17 mais 15 ans, c'est une forte tête, un rebelle des années de fin de règne de Giscard, un jeune inspiré par les idées de François Mitterrand.

C'est Lucas qui drague Gabrielle. Il est jeune, séduisant, et la professeur se laisse basculer dans cette folie parce qu'elle sent en elle une envie de vivre, quitte à prendre des risques, une pulsion de survie, de s'accrocher à ce ballon d'oxygène.FUNTEK L'essentiel du téléfilm raconte la vie amoureuse de ce couple différent, ce qui occulte totalement la réalité des faits: peu de pression, pas d'arrestation, pas de procès. Gabrielle Delorme se suicide pour mettre un terme à son amour et à la souffrance, avant que tout ne dégénère. Pour elle, la mort est la solution à tous les problèmes, elle délivre Lucas comme ses parents du poids de cet amour difficile.

Si le film de Cayatte montre une maitrise du sujet, avec un parti pris pour Danièle et Gérard, il donne moins dans la sensibilité. Muriel Robin, quant à elle, donne tout son talent de jeu et surprend même par sa capacité à effleurer l'émotion, avec justesse et mesure. Une reprise réussie haut la main et qui parvient à nous toucher très profondément.

"Je pense que la liberté, c'est se laisser librement amuser et émouvoir. Comme l'écrit Faulkner: il n'y a rien de mieux que de vivre le peu de temps qui nous est accordé, respirer, être vivant, le savoir. Car la quête du bonheur, c'est peut-être de vivre avec, toujours présente, l'idée de la mort." - Françoise Sagan, Un certain regard (1974-1992)


Mourir d'aimer - france2
envoyé par japan-fantasy. - Les dernières bandes annonces en ligne.

Illustrations: photo de Gabrielle Russier en 1969; Annie Girardot dans Mourir d'aimer de André Cayatte; Bruno Pradal; extrait du téléfilm de Josée Dayan avec Muriel Robin; Sandor Funtek.

mardi 1 décembre 2009

JOURNEE MONDIALE


Sugar Baby Love - Aides 2006
envoyé par didier_desmet. -

Wilfrid Brimo, 2006

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lundi 30 novembre 2009

DRAME SOCIAL

LANGELe crime de Monsieur Lange - Jean Renoir (1935), avec René Lefevre (Amédée Lange), Florelle (Valentine), Jules Berry (Batala), Nadia Sibirskaia (Estelle), Maurice Baquet (Charles)...

Amédée Lange est un homme en fuite. Il a quitté Paris dans la précipitation, avec Valentine, son ancienne blanchisseuse dont il est amoureux. Lange a commis un crime, il a tué son patron, Batala.

Le canevas du Crime de Monsieur Lange est assez simple et constitue, par montage retrospectif, la généalogie du meurtre de Batala. En fait, Batala est un personnage odieux: il a détourné des sommes énormes sur le compte de sa maison d'édition pour s'enrichir aux dépents de ses ouvriers. Mais il ne s'est pas contenté du crime économique, il a séduit toutes les femmes de l'immeuble et abusé de la petite Estelle qu'il a mise enceinte.

Recherché par la police, Batala a pris la fuite est s'est fait passé pour mort. Ses escroqueries sont révélées et les ouvriers forment une coopérative qui parvient à relancer la maison d'édition. Mais Batala, en manque d'argent, revient voler dans le coffre et tombe sur Lange.

Très inscrit dans son époque - le film est tourné alors que les socialistes, les communistes et les radicaux annoncent le programme électoral du Front Populaire - Le crime de Monsieur Lange est ce qu'on pourrait appeler le modèle de film d'inspiration sociale et progressiste. D'ailleurs, la plupart des comédiens sont issus du groupe d'improvisation "Octobre", compagnie de théâtre ouvrier d'obédience communiste.

Ainsi, sans être manichéen, le film joue sur l'opposition du petit peuple qui prend sa destinée en main, surtout économiquement, face à l'implacable patronnat qui n'a pour objectif que s'enrichir sur le dos de ses employés.

dimanche 29 novembre 2009

LE RETOUR DES EX (et de 3!!!)

Th*****
On se laisse bien aller, parfois, à aimer des gens, alors que cet amour vous prive de tout: de votre intelligence, votre humour et votre courage. Pourquoi aussi bien ne se laisserait-on pas aller à aimer ceux dont l'amour, au contraire, vous permet d'utiliser cette intelligence, cet humour et ce courage?


La*****rammstein2009
Elle avait toujours eu de sa propre sensualité une image presque triomphante et tranquille, car elle s'était avoué ses désirs et les avait, presque à chaque fois, assouvis. Les goût sexuels ne lui semblaient condamnables que lorsqu'ils étaient sectaires, et les fantasmes, les secrets, les hontes et les exhibitionnismes qui ravageaient ses malheureux contemporains lui étaient étrangers.


Ro****
Certaines lucidités sont pires que les pires aveuglements. A l'instant où l'on accepte son propre reflet comme définitif, il importe peu de savoir si le miroir, l'oeil, est déformant ou pas; il faut que ce reflet soit beau ou qu'il tente de l'être; car s'il ne l'est pas et qu'on s'y résigne, on en vient à rechercher le pire, on ne tente plus que d'accentuer la férocité, tels dans les fêtes foraines ces badauds déjà laids, qui, reconnaissant soudain dans une glace faussée leur image caricaturale, se plaisent à en accentuer le grotesque plutôt que de s'enfuir. Car les autres badauds, alors, se rassemblent et rient ouvertement de cette laudeur mise en majuscule, et dont ils ne pouvaient que sourire en cachette lorsqu'elle était en minuscule. Enfin, on remarque l'insignifiant! Et que recherche le plus insignifiant ou le plus sot sinon d'être vu? Chacun veut, quand il marche, que quelqu'un se retourne, ou quand il ne dort pas, que quelqu'un s'en inquiète, et quand il cède au rire ou aux larmes, que quelqu'un l'entende. Et s'il est heureux, que quelqu'un l'envie. C'est peut-être pourquoi toute rupture, tout divorce est si douloureux. Ce n'est pas l'être aimé, le complément ou la différence, le maître ou l'objet qui vous manque, c'est "l'autre", le témoin, ce micro et cette caméra perpétuellement branchés. Celui ou celle qui avec désir ou avec haine - peu importe - vous voyait vous lever, vous habiller, fumer, sortir, celui ou celle qui vous entendait siffloter, baîller ou vous taire (même s'il ne vous regardait pas et même s'il ne vous écoutait pas). Et tout à coup, personne! Pour qui alors - même si vous ne le supportiez plus - pour qui écraser la cigarette dans un cendrier et non au milieu du tapis? Pour qui - même si vous n'aviez plus envie - éteindre votre lampe et vous déshabiller? Pour qui - même si vous ne souhaitiez pas le retrouver au matin - fermer les yeux et chercher le sommeil? Car enfin - et même si vous êtes adulte - pour qui dormir, si Dieu n'existe pas, et pour qui vous réveiller? Qui pourra témoigner demain que vous vous êtes bien lavé les dents? Et devant qui?

Françoise Sagan, Le lit défait (1977)


Illustration: Rammstein, 2009

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samedi 28 novembre 2009

SUR L'ILE DE SEIN

ELISAElisa - Jean Becker (1995), avec Vanessa Paradis (Marie Desmoulin), Gérard Depardieu (Jacques Lébovitch Desmoulin), Florence Thomassin (Elisa), Clotilde Courau (Solange), Michel Bouquet (Samuel), Olivier Saladin (Kevin), Sekou Sall (Ahmed)...

Marie est orpheline. Sa mère, Elisa, s'est suicidée suite au départ de Jacques, son père. Elle a été placée dans un foyer par ses grands-parents qui ne supportaient plus son caractère. Elle y a fait la connaissance de Solange qui est devenue sa meilleure amie. Frondeuse, débrouillarde mais bravache, rebelle et sans-gêne, Marie a fait sa carapace et s'est constituée une famille: Samuel, Solange, Ahmed, Kevin. Pourtant, à la veille de ses 18 ans, Marie a décidé de savoir d'où elle vient, qui est donc ce père absent pour qui sa mère s'est suicidée et dont on dit qu'il a été condamné pour proxénétisme, pourquoi ses grands-parents ont refusé de lui venir en aide... Marie va régler ses comptes, seule.

Elisa est sorti en 1995. A l'époque je n'étais pas convaincu par Vanessa Paradis. Et puis j'ai vu ce film. J'ai été conquis par le talent incroyable de cette jeune femme sensible, vraie et douée. Le rôle de Marie est, pour moi, le meilleur rôle qu'ait eu Vanessa Paradis au cinéma pendant longtemps. Un talent qui n'est pas usurpé et qui, dans ce film précisément, nous rappelle une Brigitte Bardot révélée sous les lumières de Clouzot (voir La vérité).

Le film est un film culte parce qu'il y associe subtillement humour, émotion et poésie sans tomber dans le mélo ni le pathos. Le scenario mérite qu'on s'y attarde un peu: coupé en deux partie, l'histoire de Marie passe de l'adolescence butée a la jeune femme fragile, quittant sa peau pour montrer ses blessures. Face à Vanessa Paradis, Gérard Depardieu donne sa pleine mesure d'homme brisé, insensible et bourru. Et autour d'eux, une pléiade de comédiens, un casting parfait et l'évocation d'un fantôme, celui de Serge Gainsbourg (belle prestation du comédien Philippe Léotard dans le rôle du fumeur de gitane).

A voir et à revoir...


Elisa (B.A)
envoyé par moidixmois. - Regardez plus de films, séries et bandes annonces.




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